A Genève comme au Chili les femmes s’approprient les noms des rues

Sous l’initiative de association l’Escouade, 100 femmes qui ont fait partie intégrante de l’histoire genevoise auront leurs noms dans les rues de la ville de Genève, des femmes invisibilisées et sous-estimées sont aujourd’hui enfin reconnues, symboliquement du moins. Le projet 100Elles rend hommage aux artistes, scientifiques, politiques, professionnelles libérales, ouvrières, théologiennes dans l’espace public alors que « seulement 7% des personnes ayant donné leur nom à une rue sont des femmes ».

Dès le 14 mars, tous les 15 jours, par quartier et thèmes, les plaques seront posées pour illustrer la vie des ces femmes et leur contribution à la société genevoise à travers leurs talents respectifs. A l’instar de la célèbre chilienne Violeta Parra, artiste multiple facette qui a laissé une empreinte indélébile dans la culture populaire du Chili par la force de ses chansons, ses compositions, ses arpilleras et ses peintures.

La plaque Violeta Parra s’exposera aux rues de Lyon/Voltaire dans le quartier des grottes où, comme l’indique la biographie des 100Elles, Violeta Parra a vécu « entre 1963 et 1965 au n° 15 de la rue Voltaire, avec le musicologue Gilbert Favre. C’est à cette époque qu’elle compose ses chansons les plus militantes (Miren cómo sonrien ou Qué dirá el Santo Padre) qui formeront la base du mouvement politique et genre musical Nueva Canción Chilena. Ce courant intègre à la musique traditionnelle des appels à la justice sociale et, loin des représentations idéalisées du peuple chilien que véhicule d’ordinaire cette musique, cherche à donner de la voix aux plus démunis. Les cibles de Parra sont principalement les propriétaires terriens, les militaires et l’église. »

De manière plus spontanée et sans l’aide institutionnelle, une action similaire s’est déroulée dans la capitale chilienne à Santiago, le collectif féministe 8M a inauguré les stations de métro du centre ville avec les noms de 49 femmes occultées par l’histoire. Violeta Parra était inclue dans cette action de reconnaissance de la lutte des femmes pour leurs droits tout comme la poétesse Gabriela Mistral, prix Nobel de littérature de 1945, pour les personnalités les plus connues.

Pour palier à la sous représentation des femmes et à la dépolitisation, les féministes ont également mis en avant des figures comme l’avocate et suffragette Elena Caffarena, fondatrice du Mouvement ProEmancipation des femmes du Chili en 1935; l’ex-secrétaire du Parti communiste Gladys Marin, femme politique brillante qui fut la première à déposer une plainte contre Pinochet pour crime contre l’humanité ; la combattante du Front Patriotique Manuel Rodriguez, la commandante Tamara, torturée et assassinée par la junte militaire en 1988 ; ou encore la militante des droits humains et présidente de l’association des détenus disparus (AFDD) pendant la dictature de Pinochet Sola Sierra, décédée en 1999 d’un cancer.

Des femmes engagées aux visages et destins différents qui ont marqué leur époque pour avoir oeuvré à la construction d’une société plus démocratique, plus inclusive et plus juste. Les jeunes générations tentent de se réapproprier une mémoire collective où le rôle des femmes et la violence contre les minorités sont au cœur de leurs revendications. Au Chili, la grève du 8 mars a été décrite comme un jour historique avec une participation féminine massive, se sont 800’000 personnes qui ont défilé dans tout le pays, une adhésion sociale qui ne s’était pas vue depuis 20 ans.

Activité à Genève
Inauguration du projet 100Elles jeudi 14 mars 2019 à 18h00 à l’Université ouvrière de Genève, pl. Des Grottes 3, 1201 Genève.
Web : 100elles.ch
E-mail : lescouade.geneve@gmail.com

Rédigé par Cecilia

 

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8M La journée internationale des droits des femmes au Chili

Dans la ville de Concepción, la coordination féministe 8M a déployé une organisation exceptionnelle en réunissant, à partir de 18 heures, de nombreux collectifs de femmes venues de toute la région pour assister à la marche.

La manifestation a été placée sous le signe de la diversité, de la créativité et de la détermination combative. Cette rencontre a culminé dans une manifestation très nombreuse du point de vue de la participation accompagnée de chants, de danses et de slogans au centre de Concepción.

« Eveiller et organiser le féminisme populaire » est la consigne qui a conduit cette marche, précédée d’un groupe de femmes qui avançait en faisant une offrande rituelle et d’un service d’ordre de femmes qui ouvrait la parade en bicyclette. La manifestation s’est entendue jusqu’à au moins dix blocs de rues en raison de la forte affluence des participantes.

Les 10 revendications de la grève des femmes au Chili

1. Mettre fin à la violence politique, sexuelle et économique contre les femmes ; la dissidence sexuelle ; les corps racialisés; les migrants et les communautés. Nous dénonçons la justice patriarcale et raciste. Fin aux féminicides en toute impunité!

2. Travail décent, stable et sûr pour tous. Fin à l’AFP. Pour un nouveau système de sécurité sociale, de santé et de soins. Soigner et élever, c’est aussi travailler!

3. Droits humains et constitutionnels pour un logement digne. Production sociale de l’habitat entre les mains des habitantes et des habitants des quartiers populaires. Banque de terrain et mobilité.

4. Nouvelle loi sur la migration axée sur les droits et le genre. Libre organisation et syndicalisation des femmes migrantes. Transversaliser l’antiracisme dans le féminisme.

5. Décriminalisation sociale de l’avortement. Droit à un avortement libre, légal, sûr et gratuit. Reconnaissance des droits sexuels et reproductifs en tant que droits humains.

6. Justice et vérité face aux violations des droits humains qui rendent la vie précaire. Construire une mémoire féministe, antiraciste, anti-patriarcale, anti-coloniale et anticapitaliste comme outil de lutte et de résistance.

7. Droit à l’éducation artistique interdisciplinaire. Nouveau système de financement public de la culture et des arts. Loi sur les médias avec une perspective féministe.

8. Fin à l’extractivisme: Plus de zones de sacrifice. Souveraineté et autodétermination des peuples et des territoires en résistance. Démilitarisation du Wallmapu. Justice pour Macarena Valdés, Camilo Catrillanca et tous ceux qui luttent.

9. Activisme féministe et queer dans tous les territoires. Reconnaissance sociale et typification des incitations à la haine et des crimes de haine. Programmes éducatifs sur les dissidences sexuelles et de genre dans l’éducation et la santé publique et privée.

10. L’éducation en tant que droit social hors marché. Modèle éducatif démocratique, non sexiste, anti-colonial et laïque.

Rédigé par Carmen Garcès / Photos: Carmen et Mirtha Garcès

Tandis que Piñera attaque le Venezuela, le chef de l’armée chilienne protège des tortionnaires

Le chef de l’armée chilienne, Julio Leiva Molina, est mis en cause pour « malversation de biens publiques et menaces voilées ou indirectes », selon une dénonciation déposée au tribunal par l’avocate Monica Araya. Sous son commandement, les services secrets de l’armée auraient planifié, coordonné et exécuté des opérations d’intelligence destinées à menacer Jaime Arancibia Pinto. Ce dernier, juge à la Cour d’appel de Valparaiso, est surtout connu pour enquêter sur les crimes contre l’humanité commis pendant la dictature civico-militaire de 1973 à 1990.

Par ailleurs, la plainte indique que le juge Arancibia Pinto a été mis sur écoute téléphonique et des informateurs soudoyés dans le but d’infiltrer l’instruction en cours. A ceci s’ajoute une campagne visant à le discréditer : « nous sommes dans ce que l’on nomme une phase préparatoire de montages communicationnels contre un juge qui fait des recherches sur des violations de droits de l’homme. Pour cela, la Direction d’intelligence finance des journalistes afin de publier des notes ou des articles de désinformation destinés à questionner l’honorabilité, l’impartialité et l’indépendance du magistrat ».

Il est également reproché au chef de l’armée de faire obstruction à la justice et d’avoir utilisé « les fonds publics de manière détournée pour la défense judiciaire » de plusieurs hauts gradés de l’armée impliqués dans des graves violations de droits humains datant de la période dictatoriale.

Par un communiqué l’armée s’est empressée de nier tous les faits qui lui sont reprochés et de souligner que l’institution comme son commandant en chef sont soucieux du respect de l’état de droit et, particulièrement, du pouvoir judiciaire.

Sebastian Piñera critiqué pour son voyage à Cucuta

Plus récemment, une autre affaire a été rendue publique dans la presse. Le président Sebastian Piñera a été incriminé pour malversation de fonds publics concernant son voyage à Cucuta en Colombie. L’accusation auprès du bureau du contrôleur général s’appuie sur l’article 98 et suivants de la constitution chilienne qui garantit « la fonction de contrôle de la légalité de l’administration et de l’investissement correct des ressources » de l’état.

En effet, Sebastian Piñera a participé au plan d’ingérence dit « humanitaire » des Etats-Unis et de l’opposant vénézuélien Juan Gaido. Le stratégie consistait à faire entrer par la force des camions remplis de colis en territoire vénézuélien tout en provoquant l’armée bolivarienne pour créer désertion et chaos. Une aide des États-Unis et de ses alliés que le Venezuela n’a ni demandée, ni acceptée, de plus que les Nations Unies ont refusé de valider sans l’accord et la coopération du pays souverain.

Conformément à ce qu’indique la plainte, le président Piñera, en utilisant les infrastructures des forces armées et en remettant à la Colombie des cargaisons provenant de fonds publics chiliens, a franchi une limite. Cela démontre une propension à « enfreindre le devoir de probité publique en employant des moyens humains et matériels de l’administration de l’État dans des activités qui contreviennent ou s’éloignent de l’intérêt public », en référence aux articles 52 et 62 Nº4 de la Loi Nº18.575-DFL 1 / 19.653.

La dénonciation mentionne également qu’employer des fonds publics pour agresser un pays frère n’est pas conforme aux art. 6, 7, 24 et 32 de la Constitution, alors que Haïti souffre d’une crisé humanitaire gravissime le gouvernement chilien a préféré utiliser l’argent des contribuables contre le Venezuela.

L’avocate Monica Araya, l’initiatrice de ces dénonciations auprès des instances chiliennes, est connue pour son engagement pour les droits humains après que la junte militaire est assassiné sa mère, son père et son fils pendant la dictature de Pinochet. Au Chili, les rapports de force politiques n’ont pas réussi à mener à terme la transition démocratique tant attendue. C’est pourquoi la lutte contre l’impunité et les revendications de vérité et justice restent d’actualité.

Rédigé par Cecilia

Sources:

1. Article en espagnol de Interferencia.cl

2. Article en espagnol de www.politika.cl

Caricature du sous-secrétaire du ministère de l’intérieur du Chili Rodrigo Ubilla

L’auteur Govar fait référence aux récentes déclarations de Ubilla:

Sur les incendies ravageant le sud du pays « Certains incendies de forêt de ces derniers temps sont associés à la cause Mapuche ».

Sur le Pacte mondial de migration auquel le Chili n’a pas souscrit « La migration n’est pas un droit humain ».

Govar fait dire à son personnage: « Certains incendies ont été fait par les Mapuche et les autres par les migrants ».

Entre les mains, il tient la dernière génération de lance à incendie en forme de mitraillette en référence aux victimes Mapuche récemment tuées par les forces de l’ordre chiliennes.

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Le président Sebastian Piñera fait allégeance aux Etats-Unis et menace la Paix en Amérique latine

pinera trumpLe président néolibéral du Chili Sebastian Piñera a annoncé qu’il se rendra à Cucuta, à la frontière colombo-vénézuélienne, suite à l’invitation de son homologue colombien Iván Duque.

Leur but est soi-disant d’apporter de « l’aide humanitaire » et « d’impulser une solution pacifiste et constitutionnelle » à la crise politique et économique que traverse le Venezuela.

Donald Trump et son équipe ultra-conservatrice ont utilisé toutes leurs ressources diplomatiques et les moyens de pression pour imposer une intervention contre la République Bolivarienne du Venezuela et son président légitime et démocratiquement élu Nicolas Maduro.

Une stratégie néo-coloniale qui n’a pas pour le moment porté ses fruits, puisque ni le Conseil de sécurité de l’ONU, ni le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres ou encore la Croix-Rouge internationale n’ont cédé aux manoeuvres d’intimidation des Etats-Unis. En effet, ils ont refusé tout plan d’aide humanitaire sans l’accord du Venezuela et désavoué le putschiste Juan Guaido qui s’est auto-proclamé président, hors cadre constitutionnel.

C’est donc une tentative de coup d’état moderne que le chef d’état chilien est en train d’appuyer afin de s’aligner à la politique d’ingérence et expansionniste des Etats-Unis dans le continent. C’est une position en terme de politique extérieure irresponsable et dangereuse à l’encontre de la souveraineté et l’autodétermination des peuples voisins, car il viole le droit international sous de fallacieux prétextes pour s’accaparer les richesses et les biens de la région.

Alors que l’oligarchie chilienne est plus préoccupée à défendre les intérêts des transnationales étasuniennes et européennes, plusieurs voix de la société civile s’élèvent pour rappeler la situation de catastrophe et d’urgence que vit le Chili. Les pluies torrentielles au Nord, les incendies au centre Sud et les inondations de plusieurs rivières du pays ont laissé des centaines de familles dans un état de vulnérabilité matérielle et d’insécurité. Par conséquent, la préoccupation majeure du gouvernement de Piñera devrait être d’impulser des politiques publiques favorables aux victimes climatiques qui se sentent abandonnées à leur sort, en lieu et place de mettre en péril les relations de coopération et la paix en Amérique latine et les Caraïbes.

En acceptant de jouer le jeu néfaste des États-Unis, le Chili endosse un rôle désastreux en matière de politique extérieure comme le pays qui aura participé à une invasion étrangère en toute illégalité.

Solidarité avec le peuple vénézuélien depuis la Suisse

Pour soutenir la stabilité au Venezuela et préserver la Paix en Amérique latine, un rassemblement aura lieu samedi 23 février, à 15h00, à la Place des Nations à Genève.

Rédigé par Cecilia

venezuela 23F Ginebra

Australie: Adriana Rivas arrêtée pour son rôle dans la dictature de Pinochet

adriana rivas extraditarUne Chilienne de 66 ans recherchée dans son pays pour son rôle présumé dans la disparition d’opposants sous la dictature d’Augusto Pinochet a été arrêtée en Australie à la demande du Chili, ont annoncé aujourd’hui les autorités australiennes.

Adriana Elcira Rivas González, qui vit depuis 1978 en Australie, avait été interpellée en 2007 au Chili à l’occasion d’une visite dans son pays, avant de parvenir à fuir en Australie en 2010 en profitant de sa libération sous caution. D’après le site chilienMemoria Viva, dédié aux recherches sur les circonstances de la mort ou de la disparition des victimes de la dictature de Pinochet, Adriana Rivas fut membre de la Direction nationale du renseignement (Dina), la sinistre police politique du régime.

Elle fut même un temps la secrétaire personnelle de Manuel Contreras, le chef de la Dina décédé en 2015, selon Memoria Viva. Celui-ci publie une photo montrant une femme présentée comme Adriana Rivas, posant tout sourire avec celui qui fut décrit par le gouvernement chilien comme « l’un des personnages les plus sombres de l’Histoire » du pays. Mais c’est pour son implication présumée dans le dossier dit de la « Calle Conferencia », une rue de la capitale chilienne, qu’elle est recherchée par la justice chilienne. Elle est en effet soupçonnée d’avoir été membre de la Brigade Lautaro de la Dina qui mena des opérations en 1976 contre la direction clandestine du Parti communiste chilien, dont plusieurs cadres furent enlevés, torturés et tués.

Adriana Elcira Rivas a été arrêtée hier, a précisé un porte-parole du ministère australien de la Justice, précisant qu’elle était « recherchée par la République du Chili pour des crimes d’enlèvements aggravés ». Le Chili avait adressé en 2014 une demande d’extradition à l’Australie la visant spécifiquement pour son rôle dans la séquestration du syndicaliste Víctor Díaz López, un très haut dirigeant du Parti communiste disparu en mai 1976 à 56 ans, selon des documents judiciaires. Travaillant comme nounou et femme de ménage à Bondi, une banlieue balnéaire de Sydney, elle sera présentée le 1er mars à un tribunal.

Reprise d’article, publié dans le Figaro.fr le 20 février 2019

 

Baltasar Garzón et les disparus du franquisme de Claudio Tognonato

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Le juge Baltasar Garzón — qui a poursuivi devant la justice les putchistes argentins et Pinochet — a été relevé de ses fonctions et mis dans l’impossibilité d’enquêter sur les crimes de la dictature espagnole ainsi que sur les 136.000 disparus non combattants, et s’est réfugié en Argentine où il témoigne dans un procès sur les méfaits franquistes. En Espagne, la tentative du désormais ex-juge espagnol, Baltasar Garzón, d’intenter un procès pour juger les crimes franquistes s’est heurtée à des institutions qui, aujourd’hui encore, refusent de faire la lumière sur l’histoire du pays. Pour les magistrats et pour le gouvernement de Mariano Rajoy l’affaire est close et rouvrir la plaie ne sert à rien. Au nom de la pacification, les institutions revendiquent l’amnistie proclamée en 1977 après la mort de Francisco Franco. Comme l’histoire le montre, toute dictature qui se respecte se conclut par une amnistie générale.

1936-1975 : la longue impunité

En 2008 Garzón avait reçu, de la part des proches des victimes et des associations pour la mémoire, une liste comprenant les noms de 143.353 hommes et femmes que le franquisme avait fait disparaître entre 1936 et 1975. La réponse immédiate de l’Audiencia Nacional, qui l’a accusé de prévarication et radié de la magistrature pour avoir ouvert une enquête sans en avoir les compétences, a montré à quel point la blessure de la guerre civile espagnole est encore à vif. Garzón a ensuite été acquitté et sa suspension révoquée, mais immédiatement après, le 9 février 2012, il fut condamné à une interdiction d’exercer, pour une durée de onze ans, pour avoir réalisé illégalement des écoutes de conversations entre les détenus et leurs avocats lors du cas Gürtel. Selon Izquierda Unida (Iu) cela a été un véritable lynchage politique. Il a été expulsé de la magistrature pour avoir découvert un réseau de corruption dans lequel est impliqué le Partido Popular (PP) et y compris le premier ministre Mariano Rajoy. Cependant, la destitution de Garzón n’a pas mis fin aux enquêtes parlementaires, qui continuent à révéler les détails des potsde-vin au cœur desquels se trouve Bárcenas, trésorier du PP. 

Mieux vaut émigrer

Une fois relevé de ses fonctions, le juge, universellement connu pour ses enquêtes qui avaient conduit, en 1998, à l’arrestation du dictateur chilien Augusto Pinochet pendant qu’il séjournait à Londres et avaient rendue possible l’idée d’une justice mondiale, a décidé de quitter l’Espagne et de s’installer en Argentine. Pourquoi ?

L’histoire de Garzón et celle de l’Argentine s’étaient entrecroisées à plusieurs reprises. En 2003, Néstor Kirchner est devenu président et a décidé de faire des droits humains la politique principale de son gouvernement. Lors d’un discours historique aux Nations Unies il s’est déclaré « fils des Mères de la Place de Ma », puis les normes qui imposaient l’impunité et rendaient impossibles de nouveaux procès ont été abrogées. Depuis 2003 des centaines de procès ont été ouverts et de nombreux militaires ont été condamnés alors que d’autres continuent à être mis en cause dans des procès concernant la dictature militaire (1976-83) et ses milliers de morts, ses réfugiés et ses 30.000 desaparecidos.

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