Mobilisation étudiante et les 10 ans des « Pinguinos »

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Le 21 avril 2016 près de 400’000 personnes ont manifesté au Chili, dont près de 120’000 étudiants à Santiago, pour une éducation gratuite et de qualité à l’appel de la Confédération des étudiants du Chili (Confech), l’Assemblée de coordination des étudiants du secondaire (ACES) et la Coordination Nationale des étudiants du secondaires (Cones), malgré le deuil national de trois jours décrété par le gouvernement suite au décès de l’ex-président Patricio Alwyn.

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Ce fut également l’occasion de fêter les 10 ans de la révolution des pingouins, mouvement massif des lycéens qui avait réveillé le Chili lors du premier mandat de la Présidente Bachelet en 2006. Le mouvement social los Pinguinos avait réussi l’exploit de pointer du doigt les dégâts d’une éducation basée sur la privatisation et le néolibéralisme sur la jeunesse, leur famille et les enseignants.

Par ailleurs, suite aux fortes mobilisations étudiantes de 2011 et les nombreuses affaires de corruption dues à la mauvaise gestion des établissements publics et privés qui ont éclatées à la même période, le gouvernement de la Nouvelle Majorité de Bachelet avait promis lors de sa campagne électorale de 2014 des réformes importantes dans ce secteur. Malheureusement et bien que la réforme de l’éducation soit en cours, les revendications des Pingouins restent d’actualité comme le souligne la CONES dans l’appel ci-dessous:

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Camarades, cette année marque les 10 ans de la révolution des pingouins et pourtant, nous continuons à subir les conditions épouvantables dans lesquelles se trouve l’éducation publique; salles pleines à craquer, mobiliers en mauvais état, toilettes insalubres, manque d’espaces pour les activités sportives et récréatives, manque de professeurs remplaçants, peu ou aucuns matériels technologiques, entre autres choses.

Tout ceci, comme nous l’avons dénoncé il y a 10 ans, est de la responsabilité du modèle éducatif imposé par la dictature militaire, nos écoles sont administrées de manière ségrégative par les municipalités (dont plusieurs d’entre-elles sont actuellement questionnées sur l’utilisation des ressources dédiées à nos écoles pour d’autres affaires ) et financées par la subvention scolaire, laquelle diminue lorsque la fréquentation des élèves baisse, ce qui pénalise les écoles avec les taux d’abandon les plus élevés où étudient, en général, les jeunes les plus pauvres du Chili.

De plus, aujourd’hui nous observons comment le ministre de l’Intérieur, Jorge Burgos, vise à criminaliser les jeunes les plus pauvres via l’arrestation par suspicion (contrôles d’identité préventive) et les sanctions économiques à l’encontre des parents de mineurs qui endommagent les biens publics, comme si le salaire minimum serrait suffisant pour ça. La solution, comme nous l’avons dit, est de renforcer l’éducation publique, c’est la seule voie pour éviter ce qui est promu par ce modèle; c’est-à-dire pousser en masse la jeunesse appauvrie vers la délinquance.

Camarades, à 10 ans de la révolution des pingouins, il était temps de reprendre les drapeaux et conquérir ce qu’ils nous ont pris: une éducation publique, démocratique et avec un financement public.

Pétition nationale

Coordination nationale des étudiants du secondaire CONES

Agenda à court terme

a) Intervention de l’État dans les municipalités commettant des irrégularités dans l’utilisation de la subvention scolaire.

b) Alimentation scolaire pour tous les étudiants sans exception et l’établir comme une garantie minimum de l’enseignement public. Dans l’immédiat, nous exigeons également la fin des coupes faites aux bourses sur l’alimentation et de restaurer les rations supprimées.

c) Mise en œuvre d’un plan de revitalisation nationale pour les écoles et les lycées publics ayant des déficiences dans les infrastructures, le matériel technologique, sportifs et les bibliothèques.

d) Renforcement de l’enseignement technique professionnel: contrôle permanent et droit au salaire, syndicalisation et protection de la santé pour les étudiants des lycées technico-professionnels effectuant des travaux pratiques.

e) Incorporation explicite de l’éducation sexuelle complète dans le programme national, en diffusant le respect de la diversité, l’égalité de genre et les droits sexuels et reproductifs de tout être humain.

f) Non au contrôle d’identité préventif, étant donné que cela approfondit la stigmatisation des jeunes les plus pauvres du pays et nous expose à l’arbitraire de la police.

Agenda à long terme

a) Dé-municipaliser et transférer la gestion de toute l’éducation publique à l’État, sans exception.

b) Fin à l’aide de la subvention basée sur la présence des élèves et pour un nouveau système de financement assurant les projets éducatifs de qualité, par le biais de contributions de base (fonds étatiques).

c) Démocratisation des écoles via les « conseils scolaires résolutifs » (droit de vote) en ce qui concerne le projet éducatif de l’établissement scolaire, de même pour les conseils locaux d’éducation vis-à-vis des plans stratégiques.

d) Education supérieure gratuite incluant la couverture universelle, nouveau cadre régulateur et renforcement des universités d’État.

e) Fin au PSU (examen d’admission aux universités) et pour un nouveau système d’admission à l’enseignement supérieur, bénéficiant l’égalité d’accès, sans ségrégation, des jeunes de toutes les strates sociales, aux universités, centres de formation technique et instituts professionnels du pays.

f) Assemblée constituante pour une nouvelle constitution!

Appel mis en ligne le 13 avril 2016 ici:  https://www.facebook.com/events/1610097142649212/

Info: CONES

Texte d’intro et traduction par NGChili

Photos de la mobilisation du 21 avril 2016, diverses presses

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(160421) -- SANTIAGO, abril 21, 2016 (Xinhua) -- Manifestantes participan durante una marcha nacional convocada por la ConfederaciÛn de Estudiantes de Chile (CONFECH), en Santiago, capital de Chile, el 21 de abril de 2016. La marcha tuvo como objetivo fundamental rechazar la Reforma a la EducaciÛn que impulsa el gobierno de la presidenta Michelle Bachelet. La marcha se realizÛ a pesar de la solicitud del Gobierno de suspenderla, por el duelo nacional de la muerte del expresidente chileno, Patricio Aylwin, de acuerdo con informaciÛn de la prensa local. (Xinhua/Jorge Villegas) (jv) (jg) (ah)
(160421) — SANTIAGO, abril 21, 2016 (Xinhua) — Manifestantes participan durante una marcha nacional convocada por la ConfederaciÛn de Estudiantes de Chile (CONFECH), en Santiago, capital de Chile, el 21 de abril de 2016. La marcha tuvo como objetivo fundamental rechazar la Reforma a la EducaciÛn que impulsa el gobierno de la presidenta Michelle Bachelet. La marcha se realizo a pesar de la solicitud del Gobierno de suspenderla, por el duelo nacional de la muerte del expresidente chileno, Patricio Aylwin, de acuerdo con informaciÛn de la prensa local. (Xinhua/Jorge Villegas) (jv) (jg) (ah)
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