Rappel sur la mort de la militante environnementale mapuche Macarena Valdés Collio

MacarenaNous publions un rappel historique sur les faits graves et les mobilisations qui se sont déroulés suite à la mort de la militante environnementale Mapuche Macarena Valdés, dont le corps a été retrouvé sans vie par son fils de 11 ans le 22 août 2016. Macarena Valdés et son mari Rubén Collío s’opposaient à l’installation de la centrale hydroélectrique Tranguil, impulsée par la multinationale autrichienne RP Global.

Article écrit par l’association française Terre et Liberté.

NGChili

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CDHAL (*) – 21 septembre 2016

Chili. Tranguil/Panguipulli : Dénonciation devant l’ONU la violation de la Convention 169 par la centrale hydroélectrique RP Global

http://www.cdhal.org/chili-tranguilpanguipulli-denonciation-devant-lonu-la-violation-de-la-convention-169-par-la-centrale-hydroelectrique-rp-global/

Le 15 septembre 2016, dans le cadre de la 33e session ordinaire du Haut-Commissariat des droits humains des Nations Unies, une plainte a été déposée contre l’État du Chili parce qu’il n’a pas respecté la Convention 169 de l’OIT en ne consultant pas les communautés autochtones et en favorisant l’installation d’une centrale hydroélectrique de la compagnie transnationale autrichienne RP-Global dans le secteur de Tranguil, commune Panguipulli, dans la région de Los Rios (XIVe Région).

La plainte a été présentée par Pedro Arenas, avec l’appui de l’ONG Auspice Stella, une organisation consultative du Conseil Économique et Social des Nations Unies, qui a également fait référence à la mort de Macarena Valdés, la compagne de Rubén Collío, werken de la Coordination de Newen de Tranguil, dans le cadre de l’installation de lignes électriques de la centrale et une série de menaces de mort envers les familles du territoire.


Ci-bas, l’intervention retranscrite de Pedro Arenas de Auspice Stella, devant le Haut-commissariat des droits humains.

« Monsieur le Président,
C’est avec plaisir que nous recevons le rapport du Haut-Commissaire, en particulier ce qu’il dit sur le développement. Comme la Convention 169 de l’OIT le stipule, les peuples autochtones ont le droit de décider de leurs propres priorités concernant le développement. Mais cela est trop souvent ignoré par les autorités chiliennes. On ne peut parler de développement lorsque celui-ci a un impact négatif sur l’environnement, sur le système social et sur les croyances du peuple mapuche. Beaucoup de ces problèmes découlent d’un manque de volonté politique pour lutter contre la voracité capitaliste des entreprises qui détruisent les terres, le territoire, la forêt, l’eau et l’environnement. Le conflit historique pour les terres en territoire mapuche a débouché sur une dispute pour l’eau qui a émergé après la mise en place de dizaines de projets hydroélectriques, comme dans le cas RP-Global Chili, avec la construction à Tranguil, commune de Panguipulli, d’une mini-centrale hydroélectrique pour laquelle il n’y a eu aucune consultation des autochtones et qui porte atteinte à nos espaces culturels et spirituels. L’implantation des lignes de câblages est faite sur du terrain de familles sans leur autorisation. Ce conflit à Tranguil a été marqué, en août dernier, par la mort de Macarena Valdés, l’épouse de Rubén Collío, porte-parole de l’opposition du câblage que tient l’entreprise Saesa. M. Collío s’est opposé à l’installation du câblage, quand il a été expulsé par des carabiniers et menacé de mort par des membres de l’entreprise et les partisans du projet. Son épouse a été retrouvée morte le lendemain dans des circonstances suspectes. Nous exigeons que la lumière soit faite rapidement sur ce cas et nous terminons en signifiant que des conflits comme ceux-ci pourraient être évités s’il y avait une réelle volonté politique à mettre en œuvre les lois internationales que les autorités chiliennes violent systématiquement. »

(*) CDHAL – Le Comité pour les droits humains en Amérique latine est une organisation de solidarité qui travaille à la défense et à la promotion des droits humains en réciprocité avec les mouvements sociaux et les communautés d’Amérique latine dans la lutte en faveur d’une justice sociale, environnementale, économique et culturelle (1976-2017)

 

CDHAL – 15 novembre 2016

Action urgente: Installation hydroélectrique et répression policière à Tranguil au Chili

http://www.cdhal.org/accion-urgente-instalacion-hidroelectrica-y-represion-policial-en-tranguil-chile/

Nous, le Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL) – une organisation de solidarité canadienne qui travaille à la défense et à la promotion des droits humains en Amérique latine – vous écrivons suite à un appel de la part de membres des communautés Mapuche de la zone du fleuve Tranguil, commune de Panguipulli, région de Los Rios au Chili, et réunis sous la Coordination de défense territoriale Newen de Tranguil, qui contestent l’implantation du projet de l’entreprise transnationale autrichienne RP Global et du Groupe Saesa pour la construction de la mini-centrale hydroélectrique Tranquil de la zone communale Panguipulli au Chili. Ainsi, nous dénonçons les violations des droits humains des communautés Mapuche causées par ce projet énergétique.

La compagnie autrichienne RP Global a construit de façon illégitime la mini-centrale hydroélectrique Tranguil sur un territoire Mapuche, sans la consultation ni le consentement des communautés, dans un climat de violence et de répression, et ce, malgré l’opposition de celles-ci.

Nous avons pu constater que la compagnie chilienne, Groupe Saesa, en charge de la distribution et du transport d’électricité appartient entre autres à des capitaux canadiens, par le biais du Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l’Ontario (RREO ou OTPP, Ontario Teachers’ Pension plan).

Antécédents En 2012, la transnationale RP Global s’est vu octroyer l’autorisation par le Servicio de Evaluación Ambiental de Los Ríos (SEA, Service d’évaluation de l’environnement) pour construire la mini-centrale hydroélectrique sur le cours d’eau Tranguil. Ceci sans tenir compte des recommandations du Servicio Nacional de Turismo (SERNATUR, Service national de tourisme) d’évaluer plus en profondeur les impacts du projet sur cette zone déclarée zone d’intérêt touristique et sans respecter la Convention 169 de l’Organisation internationale du travail (OIT), ratifiée par le Chili en 2008, qui définit le droit des communautés autochtones à être consultées de façon libre, préalable et éclairée quant aux projets de développement sur leur territoire. Les membres des communautés Mapuche de Tranguil ont donc pris connaissance du projet hydroélectrique alors qu’ils se sont trouvés devant le fait accompli de son implantation dans la région. Le projet en question est prévu sur des terres où se trouvent notamment des cimetières ancestraux, et affectera l’environnement, en particulier les deux cours d’eau impliqués dans la construction des barrages (Tranguil et Sin Nombre). Des cimetières ont déjà été saccagés et des coupes forestières ont été effectuées pour faire passer la machinerie et construire les infrastructures.

Dans le cas particulier de la commune administrative de Panguipulli, les familles habitant le territoire ont été victimes de menaces à cause du conflit relié au projet hydroélectrique et les interventions de la police pour appuyer les actions des diverses compagnies sont fréquentes. Nous tenons également à souligner les graves impacts psychosociaux du projet, dont le décès de la défenseure Macarena Valdes, épouse du werken Ruben Collio, survenu dans la foulée du conflit avec l’entreprise Saesa et peu après que la famille ait été l’objet de menaces.

Nous nous indignons des événements récents. Le 13 octobre dernier, vers 7h30 du matin, l’entreprise Saesa a envahi la communauté de Tranguil de force afin d’installer le nouveau câblage hydroélectrique à moyenne tension pour la compagnie RP Global, avec l’aide d’environ 100 agents de la police nationale et des forces spéciales. Les signaux cellulaires étaient complètement non fonctionnels à partir du moment où les forces policières sont entrées dans la communauté. Il semblerait que cette intervention musclée ait eu lieu sans même que le gouvernement local en ait été informé, au point où ce dernier a demandé des explications à ce sujet à l’entreprise. L’entreprise Saesa, nous le rappelons, a été acquise en 2008 par le Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l’Ontario, conjointement avec l’entreprise de placements financiers transnationaux Morgan Stanley Infrastructure.

Ce projet viole les droits humains des communautés Mapuche sur le territoire, ainsi que les principes de la Convention 169 de l’OIT relatifs au droit à la consultation libre, préalable et éclairée. Une dénonciation devant le Haut-commissariat des Nations Unies aux droits humains a été effectuée par Pedro Arenas, avec l’appui de l’ONG Auspice Stella, une organisation consultative du Conseil économique et social des Nations Unies, lors de sa 33e session le 15 septembre dernier. L’État chilien a été dénoncé à cette occasion pour l’absence de consultation des communautés autochtones et le non-respect du droit des peuples autochtones à décider de leurs propres priorités concernant le développement.

Il importe de rappeler que les communautés Mapuche sont assiégées de toute part et sont en lutte constante pour protéger leurs territoires, la terre, l’eau et la vie contre des projets énergétiques. C’est le cas du méga-projet hydroélectrique Neltume, finalement abandonné en 2016 après six ans de démarches juridiques et de lutte acharnée. Les défenseur.e.s du territoire, de l’eau et de la vie ont cependant dû faire face rapidement à de nouveaux projets et menaces à leurs territoires puisqu’en parallèle, plus d’une centaine de projets de mini-centrales hydroélectriques (dont fait partie celle de Tranguil) ont été proposés ou implantés dernièrement dans le centre-sud du Chili. Nous sommes particulièrement préoccupés du fait que la multiplication des projets de mini-centrales sur les territoires Mapuche semble faire partie d’une nouvelle stratégie d’implantation des entreprises. En effet, le règlement chilien permet aux entreprises de construire ces mini-centrales sans consultation ni études d’impacts environnementaux. En vertu de la Loi Nº19.300 et du Règlement du Sistema de Evaluación de Impacto Ambiental (SEIA, Système d’évaluation de l’impact environnemental) (décret suprême N°95, 2001), les projets hydroélectriques visés par l’obligation d’effectuer une étude d’impact environnemental sont les projets dépassant une certaine capacité de production. Ainsi, plusieurs mini-centrales ne sont pas assujetties à cette obligation d’évaluation; ces lacunes dans la réglementation laisse présager de nouvelles infractions aux droits humains des communautés Mapuche dans les prochaines années.

Considérant cette situation, nous demandons:

-Le respect de la Convention 169 de l’OIT relative aux peuples indigènes et tribaux, en particulier des dispositions concernant le droit des peuples autochtones à la consultation libre, préalable et éclairée et de leur droit de décider de leurs propres priorités en ce qui concerne le processus du développement (articles 6 et 7) et de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, notamment l’article 3 sur le droit à l’autodétermination.

-La reconnaissance des impacts environnementaux et psychosociaux de ces projets énergétiques qui saccagent le territoire et qui s’accompagnent de forte répression politique.

-La révocation du permis de Saesa, prenant en considération que la commune administrative de Panguipulli est une zone d’intérêt touristique et que le SAE, en accordant le permis sans évaluation d’impact, ne tient pas compte des recommandations du SERNATUR, qui estimait nécessaire la réalisation préalable d’une étude d’impact environnemental

-La fin de la persécution et des menaces envers les dirigeants communautaires et le respect des mesures de protection de Rubén Collio, leader de la communauté

-Une déclaration officielle de la part du Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l’Ontario (OTPP) en faveur du respect des droits humains des communautés Mapuche et de la réalisation d’une étude d’impacts avant toute avancée du projet, et exhortant l’entreprise SAESA, financé par l’OTPP, à respecter les droits humains dans toutes ses activités.

Dans un tel contexte de risque de violence et de répression, sachez que nous sommes, plus que jamais, à l’affût de la situation entourant l’implantation de projets hydroélectriques dans des territoires Mapuche au Chili, plus particulièrement ceux impliquant l’entreprise Saesa.

Le Comité pour les droits humains en Amérique latine-CDHAL vous remercie de l’intérêt que vous porterez à nos demandes. Nous vous demandons de nous maintenir informé.es des actions que vous entreprendrez.

Recevez nos salutations distinguées,

Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL) Montréal – Québec

cc. EGON MONTECINOS MONTECINOS Intendente Región de los Ríos, Gobierno Regional de los Ríos Calle O’Higgins N°543 Piso 5, Valdivia, Chile Fono: 632-283805. Fax: 632-284355 emontecinos@interior.gov.cl, emontecinos@goredelosrios.cl, jbarreram@interior.gov.cl

FRANCISCO ALLIENDE ARRIAGADA Gerente General, Grupo SAESA Bulnes 441, Osorno, Chile Fono (56-64) 238-5000. Fax (56-02) 2414-7010 francisco.alliende@saesa.cl

RODRIGO MIRANDA D. Operation Manager, Grupo SAESA Bulnes 441, Osorno, Chile Fono (56-64) 238-5000. Fax (56-02) 2414-7010 rodrigo.miranda@saesa.cl

JOSÉ DUHART Chief Commercial Valdivia, Grupo SAESA jose.duhart@saesa.cljose.duhart@saesa.cl

GERHRARD MATZINGER Chief Executive Officer, RP Global A – 1030 Vienna, Austria Schwarzenbergplatz 5 / 2 / 1 Fax. +43 (1) 710 21 18 – 16 hq.vienna@rp-global.com

CHRISTIAN LISENMEYER Commercial Director, RP Global Chile Av. Apoquindo 3910, 16th floor, Las Condes, Santiago de Chile c.linsenmeyer@rp-global.com

RON MOCK President & CEO, Ontario Teachers’ Pension Plan 5650 Yonge Street, Toronto, Ontario M2M 4H5 Phone: (416) 228-5900. Fax: (416) 730-5349 inquiry@otpp.com

BJARNE GRAVEN LARSEN Executive Vice-President and Chief Investment Officer Ontario Teachers’ Pension Plan 5650 Yonge Street, Toronto, Ontario M2M 4H5 Phone: (416) 228-5900. Fax: (416) 730-5349 inquiry@otpp.com

MIKE FOULDS President, Ontario Teachers’ Federation Suite 200, 1300 Yonge Street, Toronto Ontario, Canada M4T 1X3 Phone: 416.966.3424. Fax 416.966.5450 mike.foulds@otffeo.on.ca

SCOTT PERKIN Director, Pension and Economic Affairs Ontario Teachers’ Federation Suite 200, 1300 Yonge Street, Toronto, Ontario, Canada M4T 1X3 Phone: 416.966.3424. Fax 416.966.5450 scott.perkin@otffeo.on.ca

 

CDHAL – 18 août 2017

Chili: manifestations ce 22 août à un an de l’assassinat de Macarena Valdés

http://www.cdhal.org/chili-manifestations-ce-22-aout-a-un-an-de-lassassinat-de-macarena-valdes/

Des manifestations auront lieu dans diverses municipalités du Chili à l’occasion de la commémoration du premier anniversaire du décès de Macarena Valdés, lié au conflit associé au projet hydroélectrique de l’entreprise transnationale autrichienne RP Global sur le territoire de Tranguil, dans la municipalité de Panguipulli. Face à l’inefficacité et à l’indifférence du Ministère Public, son décès demeure dans l’impunité.

Des actes de commémoration auront aussi lieu dans d’autres villes, notamment à Valdivia, Panguipulli, Villarrica, Santiago, entre autres.

CDHAL – 19 janvier 2018

À Panguipulli, au Chili, on exige au bureau du Procureur qu’il enquête sur l’homicide de Macarena Valdés

http://www.cdhal.org/en-panguipulli-exigen-que-fiscalia-investigue-el-homicidio-de-macarena-valdes/

«Ce n’était pas un suicide, c’était un assassinat». «Nous exigeons que le bureau du Procureur enquête sur l’assassinat de Macarena Valdés. Nous exigeons qu’il fasse son travail», furent quelques unes des paroles du werken Rubén Collio qui s’est rendu au bureau du Procureur avec les antécédents légistes à la main, qui témoignent que la jeune mère de 4 enfants a été assassinée et ensuite pendue. Ce fait a eu lieu dans le cadre du conflit hydroélectrique avec la compagnie transnationale autrichienne RP Global.

Le vendredi 19 janvier, des centaines de personnes se sont réunies à la Place de Panguipulli où a eu lieu un rassemblement avec l’intervention de plusieurs représentant-e-s d’organisations sociales et de communautés mapuche, en appui avec la famille Collio Valdés. Une marche est partie de ce point de rencontre vers midi, parcourant plusieurs rues de la ville et s’arrêtant devant les bureaux du Procureur. Cette instance, malgré les témoignages selon lesquels Macarena Valdés ne s’était pas suicidée, n’a pas effectué d’enquêtes pertinentes avec cette thèse, mais a plutôt enquêté sur un suicide, essayant à plusieurs reprises de fermer les enquêtes sur ce cas. Il existe également une responsabilité directe du Service médical légal et de la Brigade de délits de la Police d’enquête.

Dans le bureau du procureur, Rubén Collio, qui compagnon de Macarenaldés, avec laquelle il a eu 4 enfants, a exigé que le crime d’homicide fasse l’objet d’une enquête, en prenant compte des résultats des expertises légistes menées par le médecin Luis Ravanal, qui a signalé dans une entrevue récente : «Il n’y avait pas de signes qui démontrent qu’il s’agissait d’une pendaison alors qu’elle était vivante, c’est-à-dire, sur la zone la plus importante, qui est le cou, où une personne qui est vivante va se blesser lors d’une pendaison. Dans ces cas-là, il y a toujours des signes de vitalité, des signes d’hémorragies, de lésions dans les tissus, dans les organes, ce qui n’arrive pas avec un cadavre, où ces signes sont absents, lorsqu’on suspend ou on essaie de simuler une pendaison. De façon concrète, par le biais de l’autopsie, je réitère, par la confirmation de l’étude histologique, on démontre qu’il n’y a pas de signes de vitalité, c’est-à-dire, de signes qui démontrent que le corps ait été suspendu par pendaison étant toujours en vie. Ceci crée une évidence qui s’oppose à l’information officielle selon laquelle il s’agirait d’une pendaison de type suicide, tel que signalé par le Service médical légal», a-t-il dit à la Radio Universidad de Chile. (…)

Le cas de Macarena Valdés

Le 22 août 2016, Macarena Valdés a été retrouvée morte, pendue dans sa maison, fait qui aurait eu lieu en présence de son fils d’un an et demi. Elle a été découverte par un autre de ses enfants, âgé de 11 ans, rentré de l’école.

Il existe plusieurs témoignages qui démontrent qu’avant la mort de Macarena Valdés, il y avait eu une série de menaces graves contre cette famille de la part de personnes identifiées comme tueurs à gage et/ou mercenaires liés aux intérêts hydroélectriques, plus particulièrement à ceux de la transnationale RP Global. Ces menaces s’étaient même étendues à d’autres familles du territoire, qui s’opposaient à l’imposition de centrales hydroélectriques. Ces faits s’ajoutent à une série d’actes arbitraires, de la part de la même entreprise, accompagnée par des agents répressifs de l’État, afin d’imposer par la force des câblages liés à la connexion hydroélectrique.

Pour sa part, un rapport légiste indépendant, demandé par la famille, a pu rendre compte des indices quant à la participation de tierces personnes dans la mort de Macarena Valdés, ce qui avait initialement été rejeté par le bureau du procureur, à tel point qu’à deux occasions, l’intention a été de « clôre l’enquête ». Néanmoins, Ruben Collio s’est mobilisé en exigeant que soient réalisées les procédures pertinentes basées sur les antécédents, qui permettent de montrer que Macarena Valdés, défenseure du territoire, a été victime d’un assassinat et non pas d’un suicide, thèse qui a tenté d’être imposée.

Le 25 septembre dernier, l’exhumation des restes de Macarena Valdés du cimetière mapuche du secteur de Tranguil, Liquiñe, commune de Panguipulli, a été réalisée, dans l’objectif de faire les expertises pertinentes. Son corps a été transféré dans une camionnette du Service médical légal de la ville de Santiago.

Après une série de désorganisations et de manque de procédures de la part des organisations pertinentes, ce n’est que le lundi 30 octobre, vers 10h du matin, que les analyses légistes ont pu commencer sur le corps de Macarena Valdés au Service médical légal de Santiago, menées par le Dr Luis Ravanal comme médecin légiste particulier.  Cet examen a duré jusqu’à 16h00 et le corps a ensuite été transféré à la communauté de Tranguil afin d’être enterré le jeudi 2 novembre dernier.

Ces nouveaux éléments constituent un nouveau scénario au niveau judiciaire, où une requalification du cas devrait être réalisée, a signalé, le 19 janvier 2018, Viviana Soto, avocate de la famille Collio Valdés.

Alfredo Seguel

Directeur de Mapuexpress

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