Fête du travail à Genève : Du Nord au Sud

Le traditionnel défilé du 1er mai à Genève est l’occasion de rappeler les luttes des travailleurs et des travailleuses passées et présentes en Suisse, comme les 100 ans de la grève générale de 1918 et les revendications d’égalité salariale entre homme et femme. Plus de 2000 personnes se sont mobilisées à l’appel des syndicats, des partis et de diverses organisations pour faire entendre leurs voix et revendiquer des conditions de travail dignes, le respect de leurs droits ou encore l’abolition du capitalisme et de l’ingérence impérialiste. La fête du travail est une journée de manifestations internationales, plusieurs associations locales liées aux mouvements sociaux du Sud l’ont rappelé à juste titre. Notamment, la coordination « Solidaridad América Unida » qui a tenu à participer préoccupée par la restauration conservatrice dans le continent américain et les plans de déstabilisations orchestrés depuis Washington. Réunissant plusieurs collectifs en défense de la souveraineté populaire et les droits humains, chacun a tenu à apporter sa contribution et rendre visible à Genève les méfaits de l’oligarchie néolibérale en Amérique latine.

Coup d’oeil sur l’Argentine, le Brésil, la Colombie et le Venezuela

Liberté aux prisonniers politiques

#Milagro Sala – En Argentine, l’ex-députée Milagro Sala est devenue la figure de la résistance des plus pauvres face au libéralisme grâce à ses actions collectives d’aménagement dans les bidonvilles : construction de maisons, centres médicaux, écoles, etc. La dirigeante indigène et sociale dérange, son organisation Tupac Amaru est criminalisée et en 2016, elle deviendra suite à son arrestation la prisonnière politique la plus connue du pays. Malgré les déclarations du Conseil des droits humains demandant sa libération, le président de droite Mauricio Macri fait la sourde oreille plus occupé à poursuivre sa politique de casse du code du travail. Alors que 31% d’argentins vivent dans la pauvreté, les réformes anti-sociales se poursuivent à un rythme effréné parallèlement à la promulgation de lois sécuritaires destinées à réprimer la protestation des travailleurs.

#LulaLivre – « Lula Libre » liberté pour l’ancien président Lula da Silva, scande les brésiliens. Poursuivi pour corruption et condamné à 12 ans de prison, les syndicalistes du Brésil et internationaux dénoncent une incarcération arbitraire et un « procès politique » pour empêcher sa prochaine élection en octobre. Après le coup d’état institutionnel dirigé contre Dilma Rousseff par l’élite financière et politique, le « coup d’état juridique » contre Lula représente une nouvelle menace pour la fragile démocratie brésilienne. Cependant, les partisans de Lula et du Parti des Travailleurs continuent de manifester dans les rues prêts à se battre pour récupérer le pouvoir qui leur a été arraché par la force et approfondir les réformes économiques en faveur des couches populaires.

#SantrichLibre – En Colombie, Jesus Santrich, ex-guérillero des FARC et l’un des négociateurs des accords de paix avec le président Manuel Santos, se retrouve dans la ligne de mire de la justice étasunienne qui demande son extradition. Détenu pour trafic de drogue peu avant la visite de Donald Trump dans le pays, il a initié une grève de la faim pour clamer son innocence et dénoncer un montage judiciaire. Cette affaire symbolise la crispation entre les opposants au processus de paix qui refusent l’intégration des ex-insurgés à la vie civile et politique et la société civile soucieuse de trouver stabilité et sécurité. En effet, sous prétexte d’éradiquer le narcotrafic et à cause de la militarisation de la région, les colombiens subissent depuis des décennies les déplacements de population, disparitions forcées, emprisonnements, tortures, exécutions extra-judiciaires ou la spoliation des ressources naturelles. C’est pourquoi les organisations sociales appellent à ce le gouvernement de Manuel Santos tienne parole et accomplisse tous les engagements pris dans les accords de paix.

Voie au socialisme

#TodosConMaduro – « Venezuela le peuple a le pouvoir pas l’oligarchie » et c’est bien cette réalité qui est insupportable aux opposants de Nicolas Maduro, actuel président et candidat aux élections présidentielles du 20 mai. Depuis l’ascension au pouvoir d’Hugo Chavez en 1998 et de Nicolas Maduro en 2013, les forces antidémocratiques et putschistes sont à l’oeuvre pour détruire la révolution bolivarienne. Que se soit sur le plan national ou international les sanctions pleuvent : tentatives de coup d’état, blocus économiques, guerre médiatique, organisation du chaos économique et sociale avec des pénuries alimentaires et de médicaments, hausse des prix, « guarimbas » combats de rue faisant des morts du côté chaviste comme de l’opposition, destruction d’infrastructures, appel au boycott des institutions bolivariennes et la délégitimation de ses représentants démocratiquement élus, etc. Le Venezuela subit des attaques féroces de tous les côtés et ce n’est pas un hasard. C’est que en dépit des difficultés le peuple bolivarien ne plie pas et tient tête à l’opposition tout en approfondissant les réformes nécessaires à l’émancipation des travailleurs. Pas à pas, avec des hauts et des bas, les secteurs populaires n’oublient pas la voie au socialisme tracée par Hugo Chavez, un chemin long et semé d’embûches dont la finalité pourrait être s’affranchir de la prédation du capital.

Toutes ces mobilisations ont de commun d’interroger le modèle capitaliste et de revendiquer les victoires des mouvements ouvriers et populaires pour construire des alternatives capables d’organiser les travailleurs et les travailleuses, les seuls à pouvoir créer les conditions de leur propre libération et préserver la paix. C’est pourquoi échanger les expériences de réappropriation d’espaces démocratiques et d’autonomie entre les peuples du Nord et du Sud est indispensable, tout comme renforcer les liens de solidarité internationale.

ct/4.5.2018

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